Nathalie Brisson

 

Planificatrice financière

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CHRONIQUES FINANCIÈRES

           Les hausses de taux ne touchent pas que les hypothèques

 

PAR JOEL SCHLESINGER / OCTOBRE 2018

 

À quoi faut-il s’attendre avec l’augmentation des taux d’intérêt ?

 

Si vous avez souscrit un prêt hypothécaire ou une marge de crédit à taux variable, vous avez probablement remarqué que votre endettement s’est accru depuis l’an passé. En effet, au cours des 12 derniers mois, la Banque du Canada a relevé à quatre reprises le taux du financement à un jour, soit le taux d’intérêt à court terme dont on tient compte dans le calcul du coût des emprunts. Ces taux risquent de continuer de grimper l’année prochaine, car l’économie canadienne se porte plutôt bien.

 

La hausse des taux a une incidence sur les coûts hypothécaires, mais aussi sur d’autres aspects de nos vies.

 

On le sait, une telle majoration a une incidence sur les coûts hypothécaires, puisque les taux variables suivent l’évolution du taux à un jour ; à son renouvellement, une hypothèque à taux fixe devient plus coûteuse. Mais, comme l’affirme Steve Rogers, stratège en investissements auprès de IG Placements à Toronto, cette hausse des taux a aussi des répercussions sur d’autres aspects de nos vies.

 

Hausse du coût de l’emprunt

 

Une des conséquences les plus notables concerne le coût du crédit non hypothécaire à taux variable, comme les prêts sur valeur domiciliaire ou les marges de crédit qui, d’après Steve Rogers, « constitue une grande partie du bilan des particuliers ». Lorsque l’endettement s’alourdit, les consommateurs ont tendance à changer leurs habitudes : en effet, des paiements d’intérêts plus élevés peuvent grever le revenu discrétionnaire, avec les contrecoups qui s’ensuivent sur l’économie canadienne. « Les gens risquent fort d’hésiter avant d’aller au restaurant ou d’engager de grosses dépenses durant les fêtes », explique-t-il.

 

Hausse des coûts pour les entreprises aussi

 

Les coûts d’emprunt n’augmentent pas seulement pour les particuliers : les entreprises aussi sont pénalisées. En 2015, alors que l’économie canadienne souffrait du fléchissement des prix pétroliers, la Banque du Canada avait abaissé les taux, afin de les inciter à investir dans leurs opérations. À présent, la montée des taux les oblige à payer plus pour leurs emprunts. Par ailleurs, si les consommateurs dépensent moins, les entreprises, en particulier celles du secteur des biens non essentiels, pourraient voir la demande s’effriter, dit Steve Rogers.

 

Incidence sur les obligations

 

Les investisseurs aussi doivent garder l’œil sur la majoration des taux. En effet, quand les taux augmentent, les prix des obligations baissent. En effet, les investisseurs préférant les obligations à rendement élevé — celui des titres à revenu fixe a tendance à suivre la hausse des taux d’intérêt —, cela rend les obligations moins attrayantes et, par conséquent, moins chères. Comme la plupart des Canadiens possèdent des obligations, ils risquent de subir des pertes dans ce segment de leur portefeuille, croit Steve Rogers. À échéance, toutefois, l’investisseur ou, plus probablement, le gestionnaire de son fonds de placement peut en acheter de nouvelles, à rendement supérieur. « Toute personne détenant un portefeuille d’obligations risque d’essuyer des pertes en capital, prévient-il. En revanche, ses revenus sont susceptibles de croître dans le futur ».

 

Écueils en vue pour certains secteurs

 

Certains secteurs, comme ceux des fonds de placement immobilier, des services publics et d’industries qui paient de forts dividendes, risquent aussi d’être touchés. Lorsque les rendements des obligations ont chuté, ces secteurs ont gagné en popularité auprès des investisseurs friands de placements à rendement élevé. Mais ils pourraient s’en détourner en raison de la hausse des taux à revenu fixe, préférant une obligation payante et moins risquée à une action plus volatile. « Plus les taux sont élevés, plus la demande peut fléchir dans ces secteurs », ajoute Steve Rogers. Selon lui, c’est une répercussion probable — mais non certaine — de la hausse des taux d’intérêt.

 

Un bas de laine mieux garni

 

La majoration des taux présente un avantage substantiel : celui de faire gagner plus d’argent aux épargnants. Le rendement des comptes bancaires, faible depuis que les taux se sont mis à baisser, s’améliore à mesure que le taux à un jour augmente, et ainsi rapporte plus à ceux qui ont de l’argent dans leur compte d’épargne. En outre, la hausse des taux est signe de croissance : si l’économie continue sur sa lancée, c’est favorable aux entreprises et, potentiellement, aux cours des actions. « Toute personne qui tire un revenu de ses investissements pourrait engranger davantage de profits », dit Steve Rogers.

Que faire, alors ? Il est avantageux de rembourser ses dettes à taux variable (sa marge de crédit, par exemple) et de discuter avec un conseiller des conséquences de la hausse des taux sur son portefeuille. Mais, même si les emprunts coûtent plus cher, l’embellie économique actuelle est de bon augure pour les Canadiens — et leur porte-monnaie.

 

 

 

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